Devenir manager : les 5 pièges à éviter lors de votre prise de poste
Vous étiez la personne sur qui l'équipe pouvait compter. Vous connaissiez bien les dossiers, vous trouviez des solutions et vous teniez les délais. Un jour, on vous a proposé de devenir manager.
C'est une belle reconnaissance. C'est aussi le début d'un nouveau métier.
Car devenir manager, ce n'est pas faire la même chose qu'avant, avec plus de responsabilités.
C'est un changement de rôle. J'ai été manager pendant dix ans dans une banque avant de devenir coach et formatrice : j'ai vécu cette étape, et je vois aujourd'hui les managers que j'accompagne la découvrir à leur tour, avec parfois un sentiment de ne pas être à la hauteur, ou une fatigue inhabituelle. Ce n'est pas une question de compétences. C'est simplement qu'on prépare rarement les nouveaux managers aux difficultés, pourtant très courantes, de la prise de poste.
Quand j'ai moi-même pris mon premier poste de manager, je connaissais bien le métier de mes collègues, j'avais toujours envie de les aider, parfois de prendre la main...
Dans cet article, je vous présente les cinq pièges que je rencontre le plus souvent, et pour
chacun, une piste simple pour l'éviter.
Piège n°1 : continuer à faire au lieu de faire faire
C'est le piège le plus fréquent, et c'est normal. Vous avez obtenu ce poste grâce à votre
expertise, alors vous continuez à vous appuyer dessus. Un dossier urgent ? Vous le reprenez. Un collaborateur hésite ? Vous lui montrez, puis vous finissez par le faire vous-même, parce que « ça ira plus vite ».
Sur le moment, c'est efficace. Mais à moyen terme, cela pose deux problèmes :
• vous vous épuisez, car vous faites deux métiers à la fois ;
• votre équipe ne progresse pas, car elle n'a pas l'occasion d'apprendre.
Ma piste : avant de reprendre un dossier, posez-vous cette question : « Qu'est-ce que je
perds si quelqu'un d'autre le fait à 80 % comme moi ? »
Très souvent, la réponse est : pas grand-chose.
En échange, vous gagnez du temps et une équipe qui monte en compétences.
Piège n°2 : vouloir être apprécié de tous, ou au contraire jouer au chef
Quand on devient le manager de ses anciens collègues, la relation change forcément. Certainsnouveaux managers essaient de rester « le collègue sympa » : ils évitent les sujets difficiles, repoussent les recadrages et disent oui à tout. D'autres font l'inverse : ils deviennent plus distants et plus rigides, pour se donner une légitimité qu'ils ne ressentent pas encore.
Dans les deux cas, l'équipe perd ses repères. Le manager trop proche a du mal à trancher. Le manager trop distant n'a plus accès aux informations importantes.
Ma piste : la légitimité ne vient ni de la sympathie, ni du titre. Elle vient de la cohérence :
faire ce que l'on dit, être juste avec chacun et expliquer ses décisions. Vous pouvez tout à fait rester chaleureux dans un rôle différent. Je conseille souvent d'en parler simplement avec l'équipe dès les premières semaines : « Mon rôle a changé, notre relation va évoluer, et j'aimerais qu'on en parle ensemble. »
Dire les choses clairement évite beaucoup de malentendus.
Piège n°3 : vouloir tout changer tout de suite
Vous arrivez avec de l'énergie et des idées, et vous avez sans doute raison sur plusieurs
points.
Mais si vous lancez cinq projets dès le premier mois, l'équipe peut comprendre un
message que vous n'avez pas voulu envoyer :« Ce que vous faisiez avant n'était pas bien »
Même un changement utile provoque de la résistance s'il arrive trop vite.
Ma piste : commencez par écouter. Prenez le temps d'un entretien individuel avec chaque membre de l'équipe, autour de trois questions :
• Qu'est-ce qui fonctionne bien aujourd'hui ?
• Qu'est-ce qui vous freine dans votre travail ?
• Qu'attendez-vous de votre manager ?
Vous aurez ainsi une vision plus juste de la situation. Et les changements que vous proposerez ensuite seront vus comme construits avec l'équipe, et non imposés.
Piège n°4 : rester seul avec ses doutes
« Je ne peux pas montrer que je ne sais pas. » J'entends cette phrase très souvent. Le nouveau manager se sent observé par son équipe, par sa hiérarchie et par ses collègues managers. Il pense qu'il doit tout maîtriser dès le début. Alors il garde pour lui ses questions et ses hésitations.
Pourtant, cette solitude n'est pas une fatalité. Elle comporte même des risques : des décisions prises sans recul, une charge mentale qui augmente, et parfois l'épuisement.
Ma piste : entourez-vous. Cela peut être un collègue manager avec qui échanger en
confiance, un mentor plus expérimenté, un coach ou un groupe de co-développement. La forme compte peu. L'important est d'avoir un lieu où vous pouvez réfléchir à voix haute, sans être jugé. Demander de l'aide n'est pas une faiblesse : c'est une compétence de manager.
Piège n°5 : ne pas clarifier ce que l'on attend de vous
Beaucoup de nouveaux managers commencent sans savoir précisément sur quoi ils seront évalués. Les objectifs de l'équipe sont souvent connus, mais le rôle du manager l'est beaucoup moins. Faut-il d'abord viser les résultats à court terme ? Faire progresser l'équipe ? Faire évoluer une organisation ? Sans réponse claire, chacun imagine la sienne, et les déceptions arrivent quelques mois plus tard.
Ma piste : organisez rapidement un échange avec votre propre manager. Vous pouvez lui
poser ces questions :
• Quelles sont vos trois priorités pour moi cette année ?
• Qu'est-ce qui ferait de ma prise de poste une réussite, selon vous ?
• À quel rythme souhaitez-vous que l'on fasse le point ?
Cette discussion vous protège. Elle vous aide aussi à donner à votre tour un cap clair à votre équipe.
En résumé
Pour bien démarrer dans votre rôle de manager :
Laissez votre équipe faire, même si ce n'est pas exactement comme vous.
Construisez votre légitimité par la cohérence plutôt que par la proximité ou l'autorité.
Écoutez avant de changer.
Ne restez pas seul face à vos doutes.
Clarifiez dès le départ ce que l'on attend de vous.
Devenir manager, cela s'apprend
Si vous vous êtes reconnu dans l'un de ces pièges, rassurez-vous. Cela veut simplement dire que vous êtes en train de vivre une vraie transition. Personne ne naît manager : on le devient, pas à pas, en apprenant de ses expériences.
C'est tout le sens de mon accompagnement. En coaching professionnel, je vous aide à prendre du recul, à identifier vos forces et à construire une posture managériale alignée avec qui vous êtes. Pour les entreprises, je propose aussi des formations pour managers, à la fois opérationnelles et humaines, afin de préparer cette étape en amont. Un manager serein, c'est aussi une équipe qui avance mieux.
Vous prenez un premier poste de manager, ou l'un de vos collaborateurs
s'apprête à le faire ? Échangeons 30 minutes lors d'un appel découverte
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